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 « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]

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AuteurMessage
Ancien Humain
Origine : Japonaise.

Fiche de Personnage :
Rang: E
Arme: /
avatar
Dante A. Suzuki
MessageSujet: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 13:45


 

 
Dante A. Suzuki

feat. IA from Vocaloid.


 

 
Peace


Identité civile

NOM : Suzuki.
PRÉNOM : Dante, Astérie.
DATE DE NAISSANCE : 25 décembre 2001
AGE : 19 ans.
NATIONALITÉ : Japonaise.
GRADE : Ex-soldate devenue vampire.
ARME : Aucune pour le moment.
 
Freedom

 
 

 
Mental
Dante est encore jeune, mais elle a grandit bien trop vite. Dans un monde où vivre n'est pas permis sans sacrifices qui vous détruisent, elle a tenté de se faufiler entre les obstacles qu'on mettait en travers de sa route, usant de mille stratégies pour ne pas être mise hors d'état de nuire. Souvent blessée, souvent vaincue, elle a abandonné maintes et maintes fois des convictions auxquelles elle tenait. Forcée d'entrer dans un jeu où la vie n'est rien d'autre qu'une mise, Dante a voulu piper les dés et changer les règles à sa guise, en montant tout une mascarade capable de berner les plus futés. En apprenant à se jouer de tout ce qui régit le monde actuel, la jeune femme a su trouver un but à son existence, une cause à défendre, un espoir à ne pas briser. Une chance, peut-être, de vaincre enfin, avec pour seule force sa volonté qui ne connaît pas de limites.

Elle a toujours été une femme droite, fière, qui n'hésite jamais avant d'imposer son opinion, ses idées, ses positions face à tout et n'importe quoi. Déplaire, elle n'en a que faire. Le regard des autres, elle y échappe comme personne ; les murmures médisants et les regards féroces lui glissent dessus sans jamais l'atteindre. Parce qu'elle sait ce qu'elle veut, on aime dire de Dante qu'elle a l'âme des leaders, de ceux qui savent diriger et pourraient lever la rébellion d'un peuple en direction de la victoire. Soi-disant qu'être sûr de soi est une force que bien peu possèdent de nos jours, une force difficile à entretenir lorsqu'une espèce bien supérieure s'amuse à appeler ce que vous étiez « bétail » et « stock de vie », vous réduisant ainsi au simple rang de quatre-heures et garde-manger. On pense Dante sans peur face à ce qui l'entoure, mais tout n'est que chimères : Dante craint le monde d'aujourd'hui, et tente d'y échapper de la pire façon qui soit.

Silencieuse dans un monde qui hurle sa peine, renfermée lorsqu'il s'agit de ses bourreaux, un brin dérangée lorsqu'elle se surprend à parler, elle pose des yeux dégoûtés mais aussi emplis de détresse sur tout ce qu'elle regarde. Son désir de justice semble à jamais inassouvi, et les pleurs de ceux qui perdent lui déchirent l'âme à chaque sanglot qui parvient jusqu'à ses oreilles. Ses objectifs, elle les tait, au même titre que son but ultime qui lui vaudrait mille rires et sans doute une mise à mort immédiate : elle voudrait voir le monde en paix, les vampires et les humains avançant côte à côte en tant qu'égaux plutôt qu'ennemis. Elle préférerait lire une infinité de merveilles dans les yeux des enfants plutôt que toute cette peur et cette résignation face au sort qui les attend, une fois captifs.

Dante paraît souvent froide et sans cœur, carrément cruelle dans sa façon d'être, mais il lui arrive d'être maternelle avec les enfants prisonniers de Sanguinem, dés qu'elle échappe à tous ceux susceptibles de la percer à jour. Combien de friandises volées puis offertes aux livestock ? Elle a cessé de compter, persuadée qu'un jour ils pourraient sans régaler sans avoir à attendre qu'elle ne les leur apporte et sans la peur d'être pris en flagrant délit en train de manger quelque chose qu'ils ne devraient pas posséder. Muée d'un désir de paix et d'harmonie, Dante rêve d'un monde meilleur, sans doute inaccessible mais qu'elle espère voir devenir réalité, et pour lequel elle lutte sans relâche, persuadée qu'aucune créature n'est suffisamment immonde pour ne souhaiter que la violence et la mort à chaque coin de rue.

Mais souvent, Dante s'effondre. A l'abri des regards inquisiteurs et des jugements, Dante pleure et regrette parfois son choix, sa propre résignation face au destin. Sans doute était-ce stupide de se condamner, de trahir ce qu'elle était autrefois plutôt que de mourir en digne soldate qu'elle était. Mais elle a refusé de bannir son utopie, s'y est accrochée comme on se raccroche à la dernière étincelle de vie, à cette lumière au bout du tunnel, affreusement douloureuse mais aussi salvatrice. Depuis qu'elle s'est réveillée, Dante affronte son quotidien avec courage et bravoure, s'inclinant lorsqu'il le faut, maniant les belles paroles et l'ironie d'une main de maître avec l'espoir fou que tout ceci suffira finalement à détruire ce qui l'aura elle-même détruite.

Pour exorciser ses peines et douleurs, Dante trouve sa catharsis dans la musique : ses doigts effleurent les touches du piano au long vécu qu'elle a pu ramener dans ses quartiers, et sa voix s'élève, que ce soit au milieu de nulle part ou de la rue humaine. Parfois, même, en pleine conversation ou au beau milieu d'un combat, elle fredonne, comme une complainte ou une litanie déchirante qui n'en finirait jamais. Dante est dérangée et dérangeante, et sa condition de vampire ne l'a pas arrangée, l'enfermant un peu plus chaque jour dans son rêve trop grand pour elle et dans sa dépendance à la musique qui n'en finissent désormais plus d'empiéter un peu plus chaque jour sur tout ce qu'il reste de sa conscience et de son esprit.
 
Mon but ? Anéantir la guerre de l'intérieur.


 
Histoire

Dante n'a jamais eu la chance de pouvoir dire à ses parents à quel point elle les aimait. A vrai dire, l'épidémie les avait décimés avant même qu'elle n'ai véritablement compris ce que cela signifiait, de « mourir ». C'est son grand frère, Esme, de cinq ans son aîné, qui s'est occupé d'elle lorsqu'ils se sont retrouvés pris en charge par l'armée, alors qu'elle n'était encore qu'une jeune enfant, pas encore adolescente, qui n'avait pas compris que le monde venait de s'effondrer, et qu'elle ne connaîtrait jamais le bonheur que tout gamin devrait connaître à cet âge-là. L'ordre du pays tout entier au moins avait été bouleversé, et ne demeuraient alors plus que les enfants et les vampires ; quelques rares adultes survivants, aussi, puisqu'il en faut toujours lorsque l'on parle de récits catastrophe. Esme n'a jamais vraiment menti à sa cadette, et elle a su tout ce qu'il savait alors à propos de leurs géniteurs : ils s'étaient rencontrés un après-midi d'été, lorsque la mère des deux enfants travaillaient dans une chaîne de fast-food anglaise. Le père, japonais, était pressé par un rendez-vous avec son peut-être futur employeur, et il s'était arrêté dans cette petite enseigne de restauration rapide pour manger un morceau avant de rencontrer le patron avec qui il avait rendez-vous. Il se dirigeait vers une table dont elle revenait, éponge et nettoyant à la main. Aucun des deux ne regardait devant soi, et la collision avait été terrible il paraît : jus de fruit collant sur les cheveux, sur les vêtements, et sur le sol nettoyé le matin même ; salade et steack qui n'avaient pas manqué de tâcher l'uniforme de la belle, quand celui du chômeur était marqué par la sauce piquante qu'il s'était servie, en accompagnement sur ses frites. Ils avaient nettoyé, elle était rentrée chez elle et lui aussi. Il avait finalement annulé son rendez-vous, puisqu'il n'avait pas le temps de rentrer se changer puis revenir, il avait laissé tomber l'affaire. Quelques jours plus tard, il revenait dans ce même restaurant, et recroisait la serveuse maladroite, avec qui il avait alors engagé la conversation, une note d'humour et de sarcasme dans la voix. Aucun des deux, sans doute, n'imaginait qu'ils finiraient mariés et mettraient au monde deux beaux enfants leur ressemblant en tous traits. C'était pourtant arrivé.

Ils avaient toujours été originaux dans leur façon de voir le monde, et la mère était une grande passionnée de philosophie et de sciences, quand le père trempait plutôt dans l'occulte et le mystérieux sans réponses. Ainsi le garçon qui vit le jour se vit-il affublé des noms Esme et Ira, quand la fille qui arriva ensuite se fit appeler Dante Astérie. Dante comme ce philosophe que l'on ne cite plus, et Astérie comme la personnification divine des nuits étoilées. Elle n'était pas attendue, bébé surprise arrivé lorsque la famille était au milieu des cartons, prêts pour un déménagement, un changement d'horizon radical. C'était un retour aux sources du paternel ; un retour sur les terres nippones qui lui promettaient un emploi stable, et suffisamment bien payé pour qu'ils ne manquent plus jamais de rien, aussi longtemps que le contrat s'étendrait -et il était promis qu'il durerait des années. La question ne s'était pas posée mille fois, et ils avaient plié bagages. On avait failli refuser le voyage en avion à la jeune femme enceinte jusqu'aux yeux, et c'était de justesse qu'on l'avait finalement laissée passer. Moins d'un mois après s'être installée dans la capitale japonaise, à la date de ce qui aurait été Noël sur les terres anglaises, la famille voyait naître une petite tête blonde pourvue de grands yeux aussi purs que les plus beaux ciels estivaux. C'était la fameuse Dante, cette fille promise à un avenir superbe dans une famille aisée et cultivée, qui saurait lui donner tout l'amour dont elle avait besoin pour grandir comme il le fallait.

Et ils n'y manquèrent pas, les premières années de sa vie. Elle parla rapidement, et sans surprise, son premier mot fut « maman », rapidement suivi du prénom de son frère. « Papa », cependant, ne vint que bien plus tard, au moment le plus inattendu. L'homme était presque désespéré que sa fille ne l'ai encore jamais appelé de la sorte et, une énième fois qu'il lui souhaitait bonne nuit, ce fut une petite voix fatiguée murmurant un « papa » qui lui répondit, le figeant sur place, surpris et plus heureux que jamais. Oui, en un seul mot, il était prêt à parier qu'elle avait fait de lui le plus heureux des hommes de ce monde. Elle était petite princesse en devenir, s'épanouissant chaque jour un peu plus. Ses premiers pas, elle les fit une chaude soirée d'été, sur l'herbe grasse du jardin familial, en direction de son frangin qui la pris dans ses bras, et la serra comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Sous le regard attendri, ému et empli d'amour de ses parents, elle avait commencé à tracer sa propre route, au travers de cette petite dizaine de pas qu'elle avait faits, sans aide aucune, avec l'unique but de rejoindre son frère qui s'éloignait sans doute un peu trop à son goût. Déjà, elle était possessive et protectrice avec ceux qu'elle aimait, craignant de les voir partir et ne plus revenir.

Dés qu'elle fût en âge, deux couettes sur la tête, une robe à fleurs roses et une bague en plastique au doigt, elle était entrée pour la première fois à l'école. Là-bas, on y faisait des coloriages, des jeux sur les formes, aux récréations on se battait pour jouer sur le bateau des pirates de la cour et, pour récupérer, on terminait avec une sieste. Dante s'y plaisait, jouant avec qui le voulait bien, et changeant toujours de partenaires à chacune des pauses. Souriante, heureuse, elle avait ce quelque chose qui attirait les autres et lui permettait de n'être jamais seule. Ce fut sans doute à cette époque déjà que la douce mélodie d'un piano l'envoûta suffisamment pour que, quelques années plus tard, elle demande à en jouer, elle aussi. Il y avait cet instrument, vieux et imposant, reposant sagement dans un coin de la salle de classe. Chaque fin de semaine, pour achever la dernière journée, le maître s'installait sur le tabouret, et jouait  jusqu'à ce que la sonnerie retentisse. Dans ces moments là, plus personne n'osait chahuter, ils étaient tous silencieux, assis par terre, comme hypnotisés par les notes qui s'élevaient dans l'air pour y mourir et laisser la place aux suivantes. Souvent, Dante se surprit à fredonner les partitions jouées par cet instituteur si doué qu'elle aimait tant.

Mais les années défilèrent, et elle entra dans les classes des grands, quittant le confort de la maternelle pour entrer dans l'enseignement primaire. C'était plus compliqué, parce qu'il lui fallait apprendre à lire, à écrire, à compter, et à faire des choses comme le font les grands, comme lacer ses chaussures ou débarrasser les tables. Dante s'y habitua vite, elle était de ceux qui s'adaptent aisément à leur environnement, évoluent et grandissent avec lui. Elle était dévouée, volontaire, intelligente aussi, mais pas vraiment plus que la normale. Disons qu'elle était très curieuse, et que, pour la peine, elle observait beaucoup ce qui l'entourait, apprenant comme ça à imiter les adultes. Dés qu'elle apprenait un nouveau mot, elle s'amusait à le glisser dans chaque phrase, qu'elle prononçait, quand bien même elle ne connaissait aucunement le sens de ce mot qu'elle avait entendu dans la bouche de quelqu'un d'autre. Jeune enfant amusante, elle n'en était pas moins sérieuse à l'école, mais pas trop non plus. Ses notes tenaient largement la route, elle avait une logique imparable malgré un sérieux soucis d'orthographe qu'elle parvint tout de même à corriger, à peu près, à la longue. Elle tenait une bien belle place dans le classement de tête des élèves, mais ne s'en vantait pas. A cet âge, on ne cherche pas encore à être plus fort que son prochain. On n'en a pas grand chose à faire, on est tous amis les uns avec les autres, et ça rend tout le monde heureux. Les enfants ont cette faculté à ne pas connaître les affres des jugements hâtifs. Trouver des camarades pour jouer à leurs jeux est suffisant, pendant bien des années, jusqu'à ce que la réalité les rattrape, d'une façon parfois cruelle et violente.

Elle avait onze ans, lorsque le monde qu'elle connaissait changea du tout au tout. C'était un soir agité, lumineux ; la ville ne s'était pas encore tue -Tokyo ne s'éteint jamais vraiment. Il faisait froid, mais beaucoup étaient de sortie. C'était le cas de Dante et de son frère, qui marchaient dans les rues, main dans la main. Il y avait des rires, de la joie, des couples qui avançaient côte à côte -on ne devinait leur amour qu'en regardant leurs yeux à chacun. Il y avait aussi ceux qui sortaient des bureaux, et se pressaient jsuqu'à chez eux, impatients de retrouver leur femme, leur mari, leurs enfants peut-être, ou juste leur chat et la chaleur d'un bon thé. Les deux enfants, eux, étaient partis à la recherche d'un cadeau qui ferait plaisir à Dante, puisqu'elle fêtait ses onze ans moins d'une semaine plus tard. C'était avec un bouquin collector d'un de ses mangas préférés qu'elle était revenue chez elle, accrochée au bras de son frère, et un grand sourire aux lèvres. Cependant, avant qu'ils n'aient plus franchir le seuil du bâtiment dans lequel les Suzuki résidait, des adultes s'écroulèrent, tout autour d'eux. Dante se figea, incapable du moins mot, incapable du moindre geste. Un grondement puissant, assourdissant, résonna au dessus de leur tête ; ils levèrent tous les deux les yeux, mais il n'y a qu'Esme qui comprit : il entraîna sa sœur, loin de l'immeuble, aussi vite qu'il le pouvait. Mais elle trébucha, tomba, s'écorcha sur les genoux sur le bitume. Lorsqu'elle tourna la tête, l'aile de l'avion qui passait si prêt d'eux vint se ficher dans le gratte-ciel, l'enflammant et se laissant s'effondrer sous les yeux de la gamine et de son frangin, debout, quelques mètres plus loin. Un hurlement strident éclata dans l'air, avant que la voix de la petite blonde ne se brise dans des sanglots. « Maman ! » Esme la saisit par le bras, la forçant à se relever. Les doigts de la gamine s'éraflèrent sur le sol, alors qu'elle tendait la main pour récupérer son livre, la vue brouillée par les larmes. « Papa ! » Son frère la tira, sans lui laisser l'occasion de s'apitoyer ici, à même le sol. Elle ne cessa pas pour autant de se débattre, jusqu'à ce qu'il lui adresse un regard empli de larmes. « Dante, arrête ! Ils sont morts, tu comprends ? Morts ! » La révélation glaça le sang de la petite dans ses veines. Morts ? Elle ne connaissait pas. Pas vraiment. Pas encore. Jusqu'à aujourd'hui, sans doute.

Alors qu'ils fuyaient dans la ville, que toute vie avait désormais quittée, une voix de femme s'éleva, de partout et nulle part à la fois. Ils ne s'arrêtèrent pas de courir, malmenant leurs jambes et leur souffle saccadés, leurs poumons qui n'en pouvaient plus tant ils brûlaient, la faute à l'air glacial et à la course effrénée. Ils n'écoutaient pas ce qui se disait, ou d'une oreille distraite, trop occupés à fuir pour leur vie. Esme suivait son instinct, son instinct qui lui disait qu'ils devaient partir pour ne pas être condamnés. Si l'on écoutait la voix de la femme, on entendait des choses qui ne promettaient pas un bel avenir ; virus, Troisième Génitrice, nom qui n'avait rien de commun, et une soi-disant « protection » à laquelle il ne valait mieux pas croire. Alors, ils fuirent, loin, jusqu'à ce que leurs jambes ne puissent plus les porter. Ce fut Dante qui s'écroula la première, lorsque le sol sembla se dérober sous ses pieds. Elle s'effondra, sur un sol recouvert de neige, le froid mordant sa chair et bleuissant ses lèvres comme celles d'une morte. Terrifié à l'idée de la perdre elle aussi, Esme resta à ses cheveux, s'asseyant contre un arbre, la gardant sur lui pour qu'elle n'entre plus en contact avec la neige, et la serrant dans ses bras pour lui offrir un peu de sa chaleur. Lorsqu'elle leva ses yeux encore gonflés vers lui, il y lu une peine immense, qu'il aurait voulu ne jamais lui voir. « T'as pas treize ans, onii... » Surpris, il n'avait pas compris où elle voulait en venir. « Toi non plus, Dante. » Elle fronça les sourcils, secoua la tête, comme vexée qu'il ne comprenne pas. « Elle a dit qu'il n'y avait que les enfants de moins de treize ans qui n'étaient pas malades... » Elle s'agrippa à son frère, comme à la dernière chose qui la raccrochait encore à la vie, la dernière chose qui lui donnait encore la force de lutter contre le froid qui désirait tant l'emporter. « Tu vas pas me laisser, toi aussi, hein..? M'laisse pas... » Il l'avait alors serrée, un peu plus fort, lui soufflant au creux de l'oreille qu'il ne la quitterait pas. Jamais..

Elle s'endormit, happée par le froid.
Il s'endormit lui aussi, happé par le désespoir.

Mais les yeux de la petite se rouvrir, et se heurtèrent à une lumière trop vive et aveuglante pour ses prunelles qui n'avaient connu que l'obscurité pendant plusieurs jours. Elle referma les paupières, lorsqu'elle se rendit compte qu'une douce chaleur enserrait sa main. A nouveau, elle se fit violence pour affronter la luminosité agressive, tentant de retrouver ses repères pour déterminer où est-ce qu'elle devait regarder. C'était sur sa droite ; une main tenait la sienne, terriblement familière. Son regard remonta le long du bras, rencontra l'épaule, et acheva sa course sur le visage de celui qui était à son chevet. Il lui fallut un long moment avant de reconnaître les traits qu'elle connaissait depuis toujours et par cœur, tant qu'elle aurait pu les dessiner de mémoire si on lui avait donné une feuille et un crayon. Une larme roula sur sa joue, sans qu'elle n'en devine l'origine. « Esme ! » Ce n'avait été qu'un faible hoquet, qui suffit tout de même à tirer l'adolescent de son sommeil. Lui aussi semblait perdu, et épuisé : il lui fallut un temps pour se souvenir d'où il était, de ce qu'il faisait là. Et puis, il vit sa sœur, et resta interdit. Comme s'il ne s'attendait plus à ce qu'elle ouvre à nouveau les yeux. Sa réaction tarda, mais elle arriva finalement ; pris d'une impulsion soudaine, il attrapa la jeunette dans ses bras, la serrant comme il ne l'avait encore jamais fait auparavant. Il tremblait et, pendant un moment, Dante cru qu'il pleurait. Lorsqu'il s'écarta d'elle, elle s'assura que non ; en vérité, il riait. C'était un rire heureux, un rire au moins aussi significatif que l'auraient été mille larmes. Un rire au moins aussi douloureux que mille coup de poignard dans le ventre. A entendre cet éclat terrible, la mémoire revint à Dante, et elle eut soudainement un haut-le-cœur. Esme lui rendit une bassine, et elle rendit tout ce qu'elle pouvait ; plus de bile brûlante qu'autre chose. Elle était affamée. Et assoiffée, aussi.

Il lui tendit un verre d'eau, et appela une infirmière. Ce fut une jolie jeune femme qui apparu, rejoignant Dante, pour s'assurer que sa vie n'était plus en jeu. Rassurée sur son état, elle s'autorisa à s'asseoir sur le lit d'à-côté, et pris plusieurs heures pour lui expliquer tout ce qu'il s'était passé, ce qu'elle avait manqué, ce qu'il allait se passer pour la suite. Ainsi donc, Esme faisait partie de ces rares personnes de plus de treize ans à avoir survécu, par on ne sait quel miracle. Ainsi, ç'avait été une chance qu'ils aient pu échapper aux vampires. Ainsi, ç'avait été une chance aussi qu'on les retrouve avant que le froid ne les tue. Elle avait dormi cinq jours entiers, divaguant et délirant dans des phases de semi-conscience hantées par une fièvre tenace qui ne lâchait pas l'affaire. Mais, à force de persévérance, ils étaient parvenu à faire chuter cette température trop haute, et bien trop dangereuse, lui accordant ainsi un repos bien plus sain ici. Ici ? « C'est où, ici ? » On l'éclaira à nouveau : elle avait été prise en charge par l'hôpital de l'armée impériale. Ainsi donc, il y avait bien des survivants, et sans doute plus qu'ils ne le pensaient. Suffisamment pour conserver une armée sur pieds. C'était impressionnant, mais aussi effrayant quelque part. Dante s'était mise à pleurer, et elle ne s'arrêta pas, du moins pas avant d'avoir tari le flot de ses larmes, tard dans la soirée. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle pu manger à sa faim, un plat préparé à son attention, délicieux et tellement bon après les horreurs qu'elle venait de vivre et dont elle s'était tirée, sur un pur jeu de chance et de hasard. « Tu as une rage de vivre que très peu peuvent se vanter d'avoir, tu sais. » Ne sachant que faire de ce... compliment ?- que venait de lui faire l'infirmière, elle se contenta d'hocher la tête, glissant la phrase dans un coin de son esprit et l'oubliant, pendant bien des années.

Les premiers temps furent compliqués pour elle, au sein de l'armée. Elle pu quitter son lit et se promener aux alentours, mais sans jamais quitter l'enceinte des bâtiments. Son frère, lui, pouvait sortir presque comme il l'entendait, parce qu'il s'était engagé dans l'armée. Il paraissait avoir des intentions louables et dignes d'un soldat, mais Dante comprenait qu'il y avait quelque chose de plus profond. Un désir, sans doute, d'honorer la mémoire de leurs parents en faisant quelque chose de bien dans sa vie. Quelque chose comme ça. Peut-être que ça échappait encore à Dante, d'ailleurs. Ce n'étaient que les suppositions farfelues d'une petite sœur laissée en arrière, pendant que le frangin jouait les héros à l'extérieur. Quand bien même elle était fière de lui et de son engagement, la petite qui entrait tout juste dans l'adolescence craignait pour sa vie. Elle avait peur de le perdre lui aussi, qu'un jour on lui annonce sa mort, qu'importe que ce soit de la main d'un des monstres parcourant les ruines du pays ou un quelconque vampire. Elle savait d'ors-et-déjà que perdre Esme lui serait insupportable ; il ne fallait pas qu'il meure, sinon elle mourrait avec lui.

Rongée par ses inquiétudes, Dante eut tendance à s'isoler, quand bien même de nouveaux enfants recueillis arrivaient assez fréquemment, ayant tous plus ou moins le même âge qu'elle. Il fallut qu'un beau jour, un garçon lui tende la main en l'invitant à manger avec son petit groupe pour qu'enfin, elle décide de faire un pas en avant. A compter de ce jour, Dante ne fut plus jamais vraiment seule. Au contraire, elle devint même en quelque sorte la petite cheftaine du groupe. Elle apprenait à sourire à nouveau, redécouvrait les petits plaisirs simples de la vie, comme ceux de manger des bonbons entre amis, installés à même le sol à se taquiner et se raconter des histoires stupides mais hilarantes quand on a que quatorze ou quinze ans. Il y avait des rapprochements aussi, des couples qui se formaient, mais la Suzuki se tint toujours à l'écart de ces choses-là, peu intéressée à vrai dire par l'idée d'une romance. Tous semblaient l'avoir bien compris, et on ne l'ennuya jamais à ce sujet. Dante était juste l'amie, la meilleure amie, la confidente au pire, mais jamais plus. Elle était celle qui rit, plaisante, gronde, câline et réconforte, mais elle s'en tenait à ce simple rôle. Elle était, avec ce garçon qui l'avait invitée la première fois, la plus âgée du groupe. Ainsi, elle jouait plus ou moins le rôle de maman, sans jamais cesser d'attendre le retour de son frère, chaque fois ; comme une femme attendrait son époux parti sur le champ de bataille, défendre sa patrie. Chaque fois qu'il rentrait, elle se jetait sur lui et le serrait contre elle, comme pour s'assurer qu'il était toujours là, toujours vivant, toujours présent. Il ne la repoussait jamais, comprenant ses peurs les plus secrètes dont elle ne parlait jamais à voix haute.

Dans l'espoir d'être un peu plus souvent avec son frère, et venu l'âge de ses seize ans, elle passa le pas de s'engager à son tour dans l'armée impériale. Rapidement, à force d'entraînement, elle se mit à manier l'épée avec une aisance presque déconcertante. Quelques fois, elle reçu des remarques sexistes, sans doute dues à sa carrure on ne peut plus frêle. Mais elle ne s'en soucia jamais, se concentrant dans le seul but de s'améliorer, encore et encore. Au plus profond d'elle vivait l'objectif de devenir suffisamment douée pour être recommandée à la Brigade Gekki. Elle voulait être sur le terrain, affronter les vampires et les renvoyer là d'où il venait : de l'Enfer. Depuis qu'elle savait ce qu'ils faisaient subir aux enfants, dans leur ville, elle éprouvait une haine profonde et viscérale envers cette espèce non-humaine qui se permettait des choses immondes et immorales. Plutôt ironique, lorsque l'on songeait au fait que les humains avaient finalement provoqué leur propre perte à forte de trop abuser de la Terre et de ses ressources. Mais Dante n'en avait que faire : elle avait enfin réalisé ce à quoi elle avait échappé en fuyant avec son frère, et désirait plus que tout sauver ces gamins condamnés à servir de stocks de vie, de casse-dalle, ou juste de bétail à des pourritures de sangsues. Elle ne voulait plus de telles injustices.

Alors, elle donna le meilleur d'elle-même, ne s'épargnant pas, ne se ménageant pas non plus. Elle s'épuisait, se tuait à la tâche, et son frère lui en voulu de ne pas prendre soin d'elle, mais elle n'écoutait plus. Son but ultime en tête, elle ne parvenait plus à raisonner autrement qu'au travers de celui-ci. Il fallait qu'elle anéantisse les vampires, c'était vital, c'était à elle de le faire, il n'y avait pas d'autre issue. Et, plus les jours passaient, plus elle se confortait dans cette idée, perdant peu à peu pied avec la réalité. Elle était souvent déconnectée, complètement ailleurs, obsédée par l'idée de réduire à néant l'espèce vampirique. Pour la préserver, elle fut retirée de l'armée, pendant quelques mois. Le temps qu'elle se retrouve, qu'elle aille mieux, qu'elle redevienne elle-même, et plus cette espèce de zombie obnubilé par la mort de ceux qui ne lui avaient jamais rien fait directement. Beaucoup ont mille raisons de vouloir tuer les vampires, mais elle n'en avait aucune, sinon ses cauchemars éveillés qui la hantaient sans cesse ; elle se voyait bétail, soumise, blessée, mordue, assassinée par la volonté d'une putain de sangsue. Ses visions la rongeaient à petit feu. Mais, peu à peu, par la force des choses, elle s'en détacha. Ou, du moins, on le cru, suffisamment pour lui permettre de réintégrer l'Armée Impériale, ce qu'elle fit avec une joie non camouflée.

Elle avançait à pas sûrs vers ses dix-huit ans et sa promotion dans la Brigade Gekki lorsque, à nouveau, la vie se chargea de lui donner un coup. Dante était en mission de reconnaissance, accompagnée de trois de ses collègues, dont l'un était un garçon du groupe avec qui elle avait passé son temps, un peu plus jeune. Ils étaient détendus, sans doute plus qu'ils ne l'auraient dû : leur erreur leur fut fatale. Des ombres fondirent sur eux, les projetant au sol, contre un mur ou un poteau. Le premier sang coula et, Dante, choquée, haletante, prise de court, n'écouta que son instinct. Alors qu'un des êtres immondes posait ses -si sales- pattes sur le garçon, elle se jeta à corps perdu sur lui, épée à la main. Mais, avant même qu'elle n'ai eu le temps d'achever sa course, le vampire avait disparu ; un murmure se glissa à son oreille, elle se retourna vivement, toujours armée et prête à usée de sa lame. A nouveau, il esquiva. Il parla, mais elle n'écouta pas, comprenant à cet instant précis qu'elle avait affaire à un noble, entouré de quatre autres vampires. Un noble. L'un de ces vampires que, seule et sans arme démoniaque, elle ne saurait vaincre. Elle ferma les yeux, résignée face à son sort. Tant pis, elle mourrait donc ici.

Un craquement retentit, la faisant sursauter, la forçant à rouvrir les yeux. Il venait de briser la nuque de ce garçon si cher à ses yeux, de cet ami à qui elle tenait tant, parce qu'elle l'avait mille fois rassuré, parce qu'elle lui avait arrangé le coup avec une autre fille recueillie. Décidée à mourir, elle en avait été égoïste, et avait oublié la vie de ses amis qui, désormais, n'étaient plus. Plus rien d'autre que des cadavres éteints qui ne tarderaient plus à se décomposer. Des vampires se penchaient sur leur corps, profitant du sang encore chaud qui s'en écoulait. Un haut-le-cœur secoua Dante, mais elle se releva encore, déterminée cette fois-ci à tuer un vampire, au moins un seul, même s'il devait l'emmener avec lui dans la tombe : elle voulait en tuer un, n'importe lequel. Inconsciente du fait qu'elle n'y parviendrait pas sans arme adéquate, elle fonça dans le tas, droit au suicide, dans un élan stupide et désespéré, qui s'acheva par son propre sang qui coule. Il lui avait arraché son épée et l'avait retournée contre elle, Dante, à présent transpercée de parts et d'autres par cette arme qui aurait dû lui servir à tuer celui qui venait de lui infliger ce châtiment. Ses yeux s'emplirent de larmes, et sa bouche de sang. Elle toussa, maculant les riches habits immaculés de la créature en face elle. Il tourna la lame dans son corps, la retira d'un coup sec. Et Dante s'écroula, vomissant repas et sang sur le sol, haletant, s'étouffant. Un sifflement résonnait dans ses oreilles, toute douleur avait déserté son corps lorsqu'elle acheva de s'écrouler. Sa vue trouble et assombrie ne lui permettait pas de comprendre ce qu'il se passait autour d'elle, les sons ne parvenaient plus à ses oreilles, le froid l'inondait. A nouveau, comme ce jour où Esme et elle avaient fui la ville, Dante, se sentait partir.

Mais on ne la laissa pas s'enfoncer dans l'ombre. Quelque chose coula entre ses lèvres, et ses paupières s'agitèrent pour tenter d'apercevoir quelque chose. Une fraction de seconde plus tard, une douleur intense, pire encore que celle de la lame dans son ventre, la cloua sur place et lui coupa le souffle tout en la ramenant à elle. Jamais plus qu'à cet instant elle ne désira être morte, morte et insensible à une douleur pareille, qui se propageait dans tout son corps. C'était comme un feu, un incendie qui brûlait chaque parcelle de peau, de chair, de veine, tout, tout ce qui composait le corps de Dante était léché par les flammes, rongé par de l'acide. Entre cris, râles et halètements, elle suppliait qu'on l'achève, c'était comme une litanie. C'était une supplication qui n'avait pas de fin. Dante était brisée, détruite, et ce brasier ne faisait que l'achever, c'était la tuer à grand feu en la forçant à rester éveillée. La souffrance ressentie était trop intense et durait, ne lui accordant aucun répit. Heureusement, après ce qui ressemblait à une lente et affreuse agonie, elle sombra dans l'inconscience. C'était le noir le plus total. Sans doute n'aurait-elle pas voulu se réveiller ; elle y fut obligée.

Elle revint à elle dans un endroit bien différent de tout ce qu'elle avait connu. C'était plus froid, moins chaleureux, moins accueillant, comme un endroit où elle n'était pas chez elle, un endroit qui ne voulait pas d'elle. Elle avait froid, dans ses vêtements déchirés et encore humides de sang. De son sang. Réalisant soudainement que quelque chose n'était pas logique dans cette affaire, elle se redressa d'un coup. Là, sur son uniforme, apparaissait clairement la déchirure de l'épée, et le sang tout autour. Pourtant, elle ne vit aucune plaie. Pour s'en assurer, elle retira ce qu'elle portait, offrant sa peau nue à la lumière blafarde de l'endroit. Il y avait bien du sang, mais aucune blessure dont il pouvait provenir ; comme si le fluide vital qui avait foutu ses fringues en l'air n'était finalement pas le sien, comme si la lame n'avait rien tranché d'autre que le haut de son uniforme. Désemparée, elle observa autour d'elle, étrangement frigorifiée et paniquée. Quelque chose clochait, mais elle ne savait pas quoi. Alors qu'elle allait se lever, on entra dans la pièce, et elle sursauta, cachant du mieux qu'elle pouvait son buste offert à toute vue. Quand bien même elle portait de quoi cacher ses atouts féminins, elle ne désirait pas que quiconque la regarde, la voit nue ou en partie. Du coin de l’œil, elle reconnu celui qui l'avait blessée. Alors, aussitôt, oubliant sa pudeur et tout le reste, elle se jeta sur nuit, s'agrippant à ses vêtements en le plaquant contre un mur. Prise au dépourvu par sa propre force, elle resta interdite quelques instants, avant de finalement retrouver le fil. « Qu'est-ce que vous m'avez fait ?! » Sa voix était emplie d'une rage sans nom et non contenue, mais aussi d'une pointe de détresse, qu'elle tentait de refouler, du mieux qu'elle pouvait mais surtout en vain. Il la repoussa, sans ménagement. « Tâche de ne pas m'ennuyer dés maintenant, tu veux ? Habille-toi. » Elle suivit son doigt, qui lui indiquait une pile de vêtements, d'un blanc immaculé si semblable à celui qu'ils portaient tous, ces putains de vampires. Il sortit, sans plus aucune considération, l'abandonnant là.

N'ayant pas d'autre choix, agressée par le froid et désireuse de savoir ce qu'elle faisait là, poussée une fois de plus par son instinct, elle fit une toilette rapide, puis elle s'habilla, enfilant chemise, veste, ceinture, collants, jupe et bottes, ainsi que cette cape qui avait au moins le mérite de lui tenir chaud, même si le froid semblait venir de l'intérieur. Comme un vide qui soufflait un vent glacial dans le cœur de Dante. Ce fut lorsqu'elle se regarda dans le miroir au bout de la pièce qu'une part d'elle-même compris : les crocs qui étaient apparus ne mentaient pas, ils étaient porteur d'un message bien plus lourd et significatif que ne pouvaient l'être tous les mots du monde. Alors, anéantie, elle s'écroula, encore. Ses jambes cédèrent, et elle tomba à genoux. Ainsi donc, elle était devenue ce qu'elle haïssait le plus au monde, pendant ses phases de délires qui altéraient son esprit, mêlait songe et réalité et la laissaient totalement égarée dans sa propre caboche. Ainsi donc, elle était condamnée. Certes, pas de la même façon qu'elle ne l'aurait cru, en se sentant s'éteindre, mais c'était pire encore de se savoir transformée plutôt que morte.

Elle retrouva le fautif, ce noble aux airs hautains et malsains. Une nouvelle fois, elle se jeta sur lui, mais il esquiva, le regard cruel, un sourire narquois accroché aux lèvres. Il semblait s'amuser comme un petit fou de la colère noire de Dante, de sa peur, de son incompréhension, et le voir s'en réjouir ne faisait qu'attiser plus encore la haine qu'elle éprouvait à son égard. « Pourquoi ?! Pourquoi tu m'as fait ça ?! » Elle tenta une nouvelle fois de l'attaquer, mais il se décala, d'un pas sur le côté. Elle trébucha, vacilla, mais se rattrapa de justesse, son équilibre devenu meilleur. « J'ai trouvé ton petit numéro d'héroïne très divertissant. » Elle réalisa alors : elle n'était qu'un jouet, une poupée entre les doigts de cette créature, qui l'avait transformée pour son seul bon plaisir. Dans une impulsion suicidaire, elle essaya, encore et encore, de l'avoir, de l'étrangler, de le mordre, de lui arracher tout de qu'elle pouvait... Elle ne fit que briser sa main, son poignet, dans un affreux concert de craquements. Elle ne put alors retenir le sourire fier et le regard fou qui vinrent flotter sur son visage, elle qui était ravie d'avoir finalement pu blesser un vampire. D'un geste, il l'envoya rouler plus loin, mais elle ne se démonta pas. Du moins, pas face à lui.

Une fois seule cependant, le refrain fut tout autre. Livrée à elle-même, elle chercha tant bien que mal un moyen d'attenter à sa propre vie. Elle n'était pas prête à assumer une existence en tant que vampire, elle ne le voulait pas, ne pouvait pas l'accepter. Mais rien, rien ne lui paraissait suffisant pour tuer un vampire, pour se tuer elle-même. Elle ignorait comment s'y prendre, comment faire pour échapper à tout ça, tout ce dont elle ne voulait pas. Perdue, blessée dans ce qu'elle était, elle s'abandonna finalement aux larmes, pour ne pas changer. Dante était finalement sans doute beaucoup plus faible qu'elle ne voulait bien le faire croire, et bien des proches auraient été surpris de la voir s'effondrer ainsi dans l'obscurité, loin des regards trop curieux. Ce fut ce soir-là que des paroles, prononcées autrefois par cette si charmante infirmière à qui elle devait en partie la vie, qui lui mirent du baume au cœur et une gifle assurée, tout à la fois : « Tu as une rage de vivre que très peu peuvent se vanter d'avoir, tu sais. » Quelque part, ces paroles était comme un serment, une promesse ; elle n'avait pas le droit d'être si faible, de vouloir mourir, alors que cette infirmière avait pris soin d'elle pendant qu'elle était inconsciente, elle n'avait pas le droit de chercher à mettre fin à ses jours quand on frère l'avait veillée, nuits et jours. Son frère. Son frère ? A cet instant, à nouveau, elle se sentit seule et emplie d'un vide immense. A l'heure qu'il était, il avait sans doute déjà appris sa mort, ou au moins sa disparition. Elle était incapable de savoir ce qui serait le moins douloureux à entendre, pour lui. Une part d'elle désirait ardemment le revoir et se blottir dans ses bras, quand toute l'autre part préférait se tenir loin de lui, plutôt que de risquer de le blesser, qu'importe de quelle façon. Ils étaient devenus ennemis. Même si lui ne le savait pas encore.

Pour l'honneur de ceux qui avaient lutté pour elle, elle fit le choix d'accepter sa nouvelle condition, sa nouvelle existence. En acceptant de boire sa première gorgée de sang, sur un enfant laissé à ses pieds, elle tira en partie un trait sur son passé d'humaine, sans jamais oublier vraiment tout ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle avait gagné, et ce dont on l'avait privée. Si les premiers temps, elle se fit discrète à Sanguinem, rapidement, elle profita du fait de « descendre » d'un noble pour s'imposer. Elle avait rapidement compris que, quelque part, elle disposait d'une certaine influence sur les vampires de bas-étages. Aucun n'oubliait qu'elle était une ancienne humaine, mais personne n'était assez fou non plus pour oublier qu'elle était la favorite d'un noble fort respecté, avez qui elle vivait désormais. Peu à peu, elle s'habitua à ce qu'elle était devenue, appréciant presque la chose. Se nourrir ne la dérangeait plus, elle le faisait parce que c'était nécessaire mais, à côté, elle se prit parfois d'affection pour certains gamins, à qui elle offrait des bonbons et autres friandises qu'elle parvenait à dérober à son « maître ». Il ne le remarquait jamais, aussi elle ne se privait jamais. Les enfants ne tardèrent pas à comprendre qu'elle n'était pas aussi cruelle que d'autres pouvaient l'être, et certains orphelins se surprirent même à la considérer comme une seconde maman. Elle, elle ne s'autorisa que trop rarement à quitter Sanguinem les premiers temps, craignant de croiser son frère, ou son premier ami à l'armée, ou juste d'anciens collègues qui la reconnaîtraient. Pourtant, elle aurait aimé les revoir, même si elle n'ignorait pas que ce serait sans doute signer son arrêt de mort en même temps.

Ce fut en découvrant ce que c'était que d'être l'un de ces « suceurs de sang » qu'elle méprisait tant qu'elle trouva un nouvel objectif dans sa vie : instaurer la paix entre vampires et humains. C'était fou, c'était dingue et complètement déluré, mais cet espoir imbécile devint finalement sa nouvelle obsession, pas plus belle à voir que la première qui l'obligea à quitter temporairement l'Armée Impériale. Ainsi donc, Dante se plongeait dans un nouvel Enfer qui, en quelques mois, avait déjà entamé une bonne part d'elle et de son esprit. Combien de temps encore avant de son utopie ne la ronge toute entière ? Qu'importe : cette fois-ci, elle n'abandonnerait pas.
 
Ce jour là, j'ai juré : plus jamais de morts inutiles.

 
 
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١ COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? Grâce à un top-site. Et puis je l'ai zieuté et j'ai blablaté... Oui, oui, c'est moi la Arylu qui voulait Shinoa et écrivait des pavés en tant qu'invitée. 8D
١ COMMENT LE TROUVEZ-VOUS ? Alors... Etant donné le nombre de forums sur lesquels je suis et le fait que c'est juste totalement inconscient pour moi de m'inscrire sur un autre parce que je vais finir par ne plus assumer... Dites-vous que j'ai juste eu un fjrifrjoif de coup de cœur de la fin du monde. Wala


 
 
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MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 14:19

Re-bienvenue Smile La fiche des vampires est rouge ! Very Happy (d'où le fait qu'il te manque des informations dans l'identité ^^)
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Dante A. Suzuki
MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 14:25

Aaaaah oui parce que je me suis basée sur la première fiche étant donné que je voulais au début début jouer une humaine ! Raaaah je suis tête en l'air, je modifie ça, merci xDD
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MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 14:31

Pas de soucis ^^ Si t'as besoin de quelque chose, n'hésite pas Smile
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Ancien Humain
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Dante A. Suzuki
MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 14:36

Voilà, c'est modifié !
Pas de soucis, je n'hésiterai pas ! :3
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MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Mar 4 Aoû - 15:14

Bienvenue à nouveau ♥
Bon courage pour la suite de ta présentation, je viendrais te valider une fois celle-ci terminée !
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Ancien Humain
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Dante A. Suzuki
MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Dim 9 Aoû - 23:16

Merciii ♥

Donc... J'ai terminé... Gomen Yu, tu vas avoir de la lecture. 6500 mots que j'ai écrit. xD
Bon, y'a sans doute des fautes, je t'avoue que j'écris rarement autant en une seule journée, je suis vidée et fatiguée, donc les coquilles sur la fin doit y en avoir beaucoup beaucoup beaucoup, mais s'il faut, je corrigerai blbl.
En attendant, j'espère que la lecture sera suffisamment agréable pour ne pas être trop... longue et ennuyante. xD
Gomen gomen ! ♥
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MessageSujet: Re: « I just wanna live without fearing death. » [Terminée]   Lun 10 Aoû - 17:02




Bienvenue !

Dante ♥

Désolé pour le retard j'ai eu un empêchement IRL hier soir ! J'ai du coup eu le courage de lire toute ta fiche, et je dois te dire que je l'adore ! (J'ai complimenté toutes les fiches je vais être vu comme un fayot). Je ne pensais pas qu'elle allait aussi bien accepter son côté vampire. Ton personnage semble super intéressant et j'espère pouvoir faire un RP avec toi !

Tu est désormais VALIDÉE félicitation ! Tu démarres donc rang E et avec 20 pts !

N'oublie pas d'aller Recenser ton avatar. Tu peux également désormais aller poster ta Fiche de Lien ou si tu veux te détendre un peu suite à ta présentation tu peux désormais aller t'amuser sur le Flood.

Au plaisir de te croiser INRP ! Amuse toi bien.


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« I just wanna live without fearing death. » [Terminée]
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